samedi 25 mai 2013

Vieni Qui, mon chien

Tu es parti hier et je suis indiciblement triste...Je pleure.
Tous les souvenirs aujourd'hui me reviennent en mémoire: le jour où j'ai lu l'annonce dans le journal: Donne Cocker. Celui où j'ai été te chercher: tu t'es roulé dans les feuilles d'automne, ivre de liberté retrouvée; je t'ai emmené chez le toiletteur: tu n'étais plus le chien sale, plein de puces que j'avais récupéré; tu étais beau, ta robe luisait au soleil, douce; tu caracolais fièrement. Nous menions notre petite vie à deux: je te mettais dans un sac à dos, on partait à vélo, tout le monde s'extasiait sur la route; on allait à la plage, je te lançais des morceaux de bois que tu courais chercher en nageant, tu aboyais après les vagues, après les papillons...
Puis, Jean est arrivé: lorsque je suis revenue de la clinique je te l'ai présenté, petit d'homme dans sa nacelle, en espérant que ce soit un nouveau compagnon de jeu; et ce le fût. Je revois encore cette photo que j'adore où vous êtes tous les deux assis sur le seuil de la porte d'entrée, lui avec un casque pour écouter la musique et toi, le même casque en plastique sur tes longues oreilles!
Puis Eulalie: toujours fourrée dans ton panier, à t'apporter des jouets: diadème de princesse, peluches en tous genres! Et toujours en train de te faire des bisous. C'est drôle de voir comme les petites filles aiment les animaux...
Tous mes amis t'aimaient: tu ne sauras jamais tous les témoignages que j'ai eus; oui, tu étais un chien exceptionnel, d'une douceur extraordinaire, toujours partant pour un câlin, des léchouilles qui m'agaçaient quand je faisais mes étirements en revenant de mon footing!
Les belles balades, longues, il y a encore peu de temps; tu nous suivais péniblement lors des dernières, mais tu semblais apprécier te promener en liberté, en pleine nature.
C'était chouette. J'ai du mal à imaginer ma nouvelle vie sans toi. Moi qui râlais toujours parce qu'il y avait des poils partout, qui m'excusais auprès de tous ceux qui venaient à la maison parce que les derniers temps tu puais, il faut bien dire ce qui est...Plus de promenades le soir. Plus ton regard content quand la porte s'ouvrait...Je me demande ce que je vais bien pouvoir mettre à la place de ton panier, car je ne peux laisser la place vide...
Cela fait maintenant trois semaines...Je n'ai rien mis à la place de ton panier, finalement...Je pense toujours à toi, à ta disparition; c'est étrange, je n'arrive pas à imaginer la disparition physique: être là et ne plus l'être. Comment est-ce possible? C'est ce qui me dérange le plus dans la mort, je crois. Ce qui me semble le plus inconcevable. Tu as été incinéré; tu es désormais poussière.
Je ne vais plus sur le port de la même façon: j'ai du mal à aller jeter les bouteilles et les cartons qui s'entassent et finissent par me gêner au plus haut point sur la loggia.
Notre vie est différente désormais, sans toi.
Ton nom? Il venait d'un disque de Brigitte Bardot, un film, mais je ne sais plus lequel...Je le retrouverai sûrement un jour. Et j'écouterai la chanson avec un sourire nostalgique.



mardi 19 mars 2013

Stretto!

Le café est indubitablement italien. Même si de très bons cafés peuvent être éthiopiens ou sud-américains. Mais, le café est meilleur sur une place méditerranéenne. En Provence, sur une terrasse ombragée par les platanes;  sur une aire d'autoroute où l'on s'est arrêté et qui sent bon le départ en vacances, par une chaleur écrasante; au soleil timide de l'hiver, après avoir traversé la ville à vélo, pour se réchauffer.
Le café est la boisson des pauvres: c'est la moins chère. Celle qui permet de se poser sans se ruiner.
Ce qui me plaît le plus, c'est d'entrer dans un café (surtout à notre époque où plus personne ne fume à l'intérieur): l'odeur vous assaille, le brouhaha familier des gens attablés, souvent les mêmes suivant le jour et l'heure où l'on va déguster son petit noir, cette puissante odeur de café qui me fait gonfler les poumons pour pouvoir l'aspirer entièrement, me donner l'eau à la bouche, la savourer déjà. La télé diffuse un match de foot. Le serveur s'approche de ma table, et, sans que j'ai rien demandé, me sert mon "caffè stretto". Car je suis une habituée: tous les samedis matin, accompagnée ou seule, toujours avec mon magazine féminin. Pour le remercier, je lui envoie un compliment sur sa perspicacité: je me sens chez moi.
Toujours dans le même café: je n'aime pas changer car je suis une puriste...La marque proposée doit me convenir, à tel point que je regarde les tasses si je suis dans une ville inconnue. Idem pour le lieu: pas de voitures à proximité, une vue dégagée. Le café est un instant de pose, où l'on reprend des forces. Il faut se couper du monde, spatialement et temporellement.
Il peut aussi marquer la fin d'un bon repas, le prolongement de la convivialité: "Qui reprend du café?"
Le café est varié: noisette, allongé, serré, double, liégeois. Chacun le sien. Selon son humeur ou ses habitudes. Il s' adapte à tous.
Le pire? Celui bu en Angleterre et qui méritait bien son affreux nom de "jus de chaussette".
Le meilleur? Celui bu en Italie, dans un hôtel napolitain, au petit-déjeuner.

lundi 28 janvier 2013

A bicyclette

A la fois moderne et "vintage", le vélo revient en vogue et je voudrais en faire l'éloge: tout d'abord, c'est une pratique sportive, d'où les bienfaits que nous lui connaissons. Moi qui cours souvent, j'ai remarqué que, depuis que je vais travailler à vélo, mes cuisses souffrent moins et je parcours plus de kilomètres plus facilement. Sans compter que le vélo est complémentaire de la course à pieds sur le plan musculaire.
Mais le vélo a d'autres qualités: la première est qu'il nous fait respirer; en voiture, nous sommes cloîtrés dans un air artificiellement épuré de la pollution, en proie aux microbes de nos co-voituriers. Mais, à vélo, les bronches bien ouvertes, le cycliste inhale les mauvais gaz, me direz-vous. Et bien, une étude récente prouve le contraire: ceux qui seraient le plus exposés aux gaz des voitures et des bus sont les automobilistes! Le cycliste, lui, est à l'air "libre".
La deuxième qualité, découlant de la première, est justement cette merveilleuse sensation de liberté. Nous pouvons aller n'importe où, se faufiler entre les voitures, prendre un tronçon de trottoir, doubler et être le premier au feu rouge, si ce n'est avoir le plaisir de le griller (en faisant bien attention!).
Le cycliste ne fonctionne pas comme les autres personnes: il vit à l'envers. Sentir l'air frais de l'hiver le matin en partant, arriver en sueur, réchauffée de l'intérieur, alors que les autres grelottent encore depuis la sortie de leur lit; sentir de l'air l'été, tout le monde se plaignant de la chaleur étouffante. Le vélocipédiste est (r)éveillé, actif, réceptif. Il sent de loin l'odeur du mimosas au printemps, le petit rayon de soleil hivernal, la brise fraîche de l'automne. Il perçoit les changements des saisons et les vit physiquement.
Enfin, une des dernières qualités du vélo, et non la moindre, est l'enfance retrouvée: rouler à tombeau ouvert, descendre les rues et foncer sur les pigeons pour les voir s'envoler, faire tintinnabuler sa sonnette et regarder les passants nous ouvrir la route, comme si nous étions un roi.
Alors, pour rester en forme, gardons notre petit vélo en tête!