samedi 1 décembre 2012
Courir est une expérience poétique
Courir est un voyage: le trajet que l'on parcourt, s'il est le même, change toujours. Les ombres, selon la saison, s'allongent ou raccourcissent. Le ciel, pour qui l'observe, n'est jamais du même bleu. La mer est soit étale, soit houleuse, mais avec des degrés, des nuances infinis. On ne parcourt jamais le même voyage. Lorsque je cours, je ne pense à rien: j'observe, je contemple le monde. Je me déconnecte de mes réalités, je me centre sur ce qui m'entoure. Je sens des odeurs: les gaz des voitures, l'iode de la mer, les parfums qui émanent des plantes au printemps, je sens l'air frais du matin l'hiver. Tout cela entre en moi. Ainsi, je sens avec mon corps.
Courir est une expérience sensorielle: l'âme est rattachée au corps. J'observe les réactions de celui-ci: je suis en forme; je suis fatiguée; je cours pour me guérir. Je suis dans mon corps, je l'écoute et cette écoute me permet de m'ouvrir sur le monde extérieur. Quand je m'arrête de courir, mon corps est énergique, tendu, ressourcé. Mon esprit est clair et joyeux.
Courir est une expérience poétique: tout d'abord, je sens la fraîcheur ou la pesanteur sur mon corps mi-vêtu. L'hiver, cela pique puis le corps se réchauffe petit à petit. A travers la chaleur qui monte en moi, je sens la fraîcheur de l'hiver, sans avoir froid. Seules quelques parties sont froides: les mains, les oreilles, le nez. L'été, on a déjà chaud avant même d'avoir basculé dans la foulée. A la fin de la course, le sel de la sueur pique le visage, les yeux; les gouttes perlent et coulent; on respire mal; on met du temps à récupérer. Même la douche froide ne permet pas d'arrêter la sueur. Il faut s'allonger, ne plus bouger pendant un long moment. Courir est un contraste: été comme hiver, le corps sent l'amplitude entre lui et le monde.
Le coureur est un poète: il prête une attention particulière à ses sensation corporelles, à l'effet que la nature a sur son corps.
mardi 12 juin 2012
méditation amoureuse
Il me semble, à cette heure, difficile de reconstruire une vie de famille. Les beaux jours d'une histoire d'amour toute neuve sont-ils déjà passés? Que cela est allé vite!
Il me semble tout recommencer et n'avoir pas progressé...Suis-je dans le même schéma qu'avant? Non, pas complètement, mais certains doutes obscurcissent le beau ciel étoilé vers lequel je m'envolais. Je ne suis plus sur mon cumulus...non, je suis sur Terre, une terre bien ferme et vaseuse en même temps, qui m'englue et me tire vers le bas...Le bras que l'on me tend est-il bénéfique pour moi, pour mes enfants?
Une femme séparée prend obligatoirement compte de son passé, de ses erreurs, qu'elle ne doit pas reproduire...le dégoût suffit-il à cela? la peur peut-elle nous aveugler au point de voir le nouvel être aimé tel qu'était l'ancien?
Oui, les premiers mois, on sent soulagée, des ailes nous poussent vers de nouveaux horizons qui nous semblent illimités...Mais, lorsqu'un homme séduisant se présente et que l'on parcoure un bout de chemin ensemble, les angoisses reviennent vite, le doute nous emplit...Et si ça ne marchait pas?
Et si tout prenait une direction que je n'envisageais pas? Non que les surprises me déplaisent, bien au contraire, mais si le chemin emprunté ne mène pas où je souhaite? Dans quelle mesure dois-je faire des concessions? Et lesquelles sont importantes, car lorsqu'elles se présentent, il est difficile de réagir vite...Et réagir dans la précipitation est risqué...
Alors? Alors? Alors? Ce qui m'effraie? Son côté vieux-célib-j'ai-besoin-de-respirer-la-vie-de-famille-ok-mais-pas-tous-les-jours...Et si je retombais dans mon vieux schéma? Non, ce n'est pas possible, je n'aurais pas fait ça! Pas après toutes ces réflexions, ces promesses à soi-même...
Peut-on trouver l'énergie suffisante pour, un instant, faire comme si de rien n'était en ce temps de crise passagère, et insuffler à l'autre autant d'énergie pour trouver à deux la bonne direction, celle que l'on souhaite tous les deux? "Aimer, c'est regarder dans la même direction"...
Tirer un trait sur ce qu'on a vécu dans son couple, dans sa séparation, dans son enfance, dans le couple de nos parents...L'énergie me manque...Je dois la retrouver et, en même temps, penser à mes enfants, à leur bonheur, leur montrer l'exemple. Maintenir la barque hors de l'eau pendant les tempêtes et faire cap sur l'île-de-la-paix, de-la-poésie, de-l'ouverture-d'esprit et tant d'autres. La vie n'est qu'un voyage après tout, qui nous mène de découvertes en découvertes, bonnes ou mauvaises; alors, il ne reste qu'une solution: AVANCER. "Attraversiamo"...
Il me semble tout recommencer et n'avoir pas progressé...Suis-je dans le même schéma qu'avant? Non, pas complètement, mais certains doutes obscurcissent le beau ciel étoilé vers lequel je m'envolais. Je ne suis plus sur mon cumulus...non, je suis sur Terre, une terre bien ferme et vaseuse en même temps, qui m'englue et me tire vers le bas...Le bras que l'on me tend est-il bénéfique pour moi, pour mes enfants?
Une femme séparée prend obligatoirement compte de son passé, de ses erreurs, qu'elle ne doit pas reproduire...le dégoût suffit-il à cela? la peur peut-elle nous aveugler au point de voir le nouvel être aimé tel qu'était l'ancien?
Oui, les premiers mois, on sent soulagée, des ailes nous poussent vers de nouveaux horizons qui nous semblent illimités...Mais, lorsqu'un homme séduisant se présente et que l'on parcoure un bout de chemin ensemble, les angoisses reviennent vite, le doute nous emplit...Et si ça ne marchait pas?
Et si tout prenait une direction que je n'envisageais pas? Non que les surprises me déplaisent, bien au contraire, mais si le chemin emprunté ne mène pas où je souhaite? Dans quelle mesure dois-je faire des concessions? Et lesquelles sont importantes, car lorsqu'elles se présentent, il est difficile de réagir vite...Et réagir dans la précipitation est risqué...
Alors? Alors? Alors? Ce qui m'effraie? Son côté vieux-célib-j'ai-besoin-de-respirer-la-vie-de-famille-ok-mais-pas-tous-les-jours...Et si je retombais dans mon vieux schéma? Non, ce n'est pas possible, je n'aurais pas fait ça! Pas après toutes ces réflexions, ces promesses à soi-même...
Peut-on trouver l'énergie suffisante pour, un instant, faire comme si de rien n'était en ce temps de crise passagère, et insuffler à l'autre autant d'énergie pour trouver à deux la bonne direction, celle que l'on souhaite tous les deux? "Aimer, c'est regarder dans la même direction"...
Tirer un trait sur ce qu'on a vécu dans son couple, dans sa séparation, dans son enfance, dans le couple de nos parents...L'énergie me manque...Je dois la retrouver et, en même temps, penser à mes enfants, à leur bonheur, leur montrer l'exemple. Maintenir la barque hors de l'eau pendant les tempêtes et faire cap sur l'île-de-la-paix, de-la-poésie, de-l'ouverture-d'esprit et tant d'autres. La vie n'est qu'un voyage après tout, qui nous mène de découvertes en découvertes, bonnes ou mauvaises; alors, il ne reste qu'une solution: AVANCER. "Attraversiamo"...
mardi 31 janvier 2012
Des chevaux et des arbres
Des chevaux et des arbres.
Dans mon programme de reconstruction, j'avais prévu de reprendre l'équitation, que j'ai pratiqué étant enfant.
J'ai toujours eu ce sport à l'esprit même si j'ai vécu de longues périodes sans monter. Je rêvais de grands espaces, d'air frais, de neige, de soleil, de feuilles rousses.
J'ai repris l'équitation il y a quelques mois, dans un centre qui surplombe la ville. Nous pouvons admirer de ces hauteurs la rade à la tombée de la nuit, éclairée par les lumières urbaines, reflétées dans l'eau noire. C'est, chaque mardi, un plaisir renouvelé car toujours différent : la luminosité n'est jamais la même ; la lune parfois dentelée derrière les cyprès, parfois haute dans le ciel, éclaire le paysage qui s'assombrit peu à peu.
Les odeurs elles aussi varient. En ce doux hiver, à certains endroits de la carrière, je sens le mimosa en fleurs. A d'autres, c'est le figuier. Je suis ravie de humer, à pleins poumons, ces deux arbres familiers. Est-ce une reconstruction de mon esprit ? Lorsque j'étais enfant, au fond de notre jardin, il y avait un mimosa et je passais des journées entières dans les arbres. Cet arbre était ma seconde maison. En moi est restée ancrée son odeur entêtante, sa couleur chamarrée, la force de sa sève. Mes rêves ont pris racine en lui, montant toujours plus haut.L'été, je cueillais des figues par péché de gourmandise. Le figuier n'était pas mon refuge comme le mimosa mais mon fournisseur de sucrerie ! Quel délice : c'était de véritables bonbons..
Le mimosa a été coupé après un hiver glacial ; le figuier existe encore mais est bien vieux : ses figues sont toutes petites ; et la maison a été vendue...
Alors, il ne me restait que l'équitation pour retrouver ce coin de paradis dont j'ai besoin aujourd'hui car il est le ciment de ce que je suis.
J'aime arriver au centre équestre, lire sur le cahier le nom du cheval que je vais monter, brosser, seller, parler aux bêtes qui écoutent, qui regardent, qui sentent.
J'aime mettre le pied à l'étrier, m'élever, me poser et me concentrer sur mon corps et celui de ma monture. Il faut être attentif aux moindres détails.
J'aime me sentir épuisée à la fin du cours, l'esprit vidé mais régénéré ; sentir le pas du cheval pressé de rentrer à l'écurie ; enlacer l'encolure du cheval, respirer son odeur.
Chaque geste est un rituel. L'équitation est le seul élément immuable de ma vie.
Dans mon programme de reconstruction, j'avais prévu de reprendre l'équitation, que j'ai pratiqué étant enfant.
J'ai toujours eu ce sport à l'esprit même si j'ai vécu de longues périodes sans monter. Je rêvais de grands espaces, d'air frais, de neige, de soleil, de feuilles rousses.
J'ai repris l'équitation il y a quelques mois, dans un centre qui surplombe la ville. Nous pouvons admirer de ces hauteurs la rade à la tombée de la nuit, éclairée par les lumières urbaines, reflétées dans l'eau noire. C'est, chaque mardi, un plaisir renouvelé car toujours différent : la luminosité n'est jamais la même ; la lune parfois dentelée derrière les cyprès, parfois haute dans le ciel, éclaire le paysage qui s'assombrit peu à peu.
Les odeurs elles aussi varient. En ce doux hiver, à certains endroits de la carrière, je sens le mimosa en fleurs. A d'autres, c'est le figuier. Je suis ravie de humer, à pleins poumons, ces deux arbres familiers. Est-ce une reconstruction de mon esprit ? Lorsque j'étais enfant, au fond de notre jardin, il y avait un mimosa et je passais des journées entières dans les arbres. Cet arbre était ma seconde maison. En moi est restée ancrée son odeur entêtante, sa couleur chamarrée, la force de sa sève. Mes rêves ont pris racine en lui, montant toujours plus haut.L'été, je cueillais des figues par péché de gourmandise. Le figuier n'était pas mon refuge comme le mimosa mais mon fournisseur de sucrerie ! Quel délice : c'était de véritables bonbons..
Le mimosa a été coupé après un hiver glacial ; le figuier existe encore mais est bien vieux : ses figues sont toutes petites ; et la maison a été vendue...
Alors, il ne me restait que l'équitation pour retrouver ce coin de paradis dont j'ai besoin aujourd'hui car il est le ciment de ce que je suis.
J'aime arriver au centre équestre, lire sur le cahier le nom du cheval que je vais monter, brosser, seller, parler aux bêtes qui écoutent, qui regardent, qui sentent.
J'aime mettre le pied à l'étrier, m'élever, me poser et me concentrer sur mon corps et celui de ma monture. Il faut être attentif aux moindres détails.
J'aime me sentir épuisée à la fin du cours, l'esprit vidé mais régénéré ; sentir le pas du cheval pressé de rentrer à l'écurie ; enlacer l'encolure du cheval, respirer son odeur.
Chaque geste est un rituel. L'équitation est le seul élément immuable de ma vie.
mardi 17 janvier 2012
Le port Saint-Louis
On reconnaît le port Saint-Louis de bien loin; quand, du boulevard Cunéo, assombri par ses platanes feuillus et ses maisons bourgeoises, on débouche sur le port, le bleu du ciel, la luminosité éblouissante nous disent: "Arrêtez-vous un moment contempler la mer".
Le port Saint-Louis s'admire de sa voiture, lorsque l'on passe sur le littoral; à pied, avec les enfants à vélo; lorsque l'on court au bord de mer; ou encore de la terrasse d'Henriette, à l'heure de l'apéritif.
Les ombres et les couleurs varient selon les saisons: orangé dans les matinées printanières; grisâtre en automne; éclatant d'un blanc insupportable l'été.
On y va très souvent et il est le passage obligé de nos promenades: ensoleillé l'hiver, il fait bon s'y poser sur un banc et discuter avec les grands-pères pendant que les enfants courent avec le chien; l'été, à la tombée de la nuit et de la fraîcheur, nous rejoignons les boulistes; les dimanches matin, le pêcheur nous vend le poisson ou les oursins tout frais; parfois, l'on s'aventure un peu plus loin, on fait le tour de la Mître pour se faire mouiller les pieds par les vagues, histoire d'attraper un bon fou rire et de savourer davantage l'effet du chocolat chaud en rentrant.
On le retrouve aussi dans des tableaux, au musée, allégé de son bitume, à l'état encore naturel, serti d'arbres en fleurs, de sable ou de terre et sa couleur, sa lumière, son ambiance sont plus chaleureuses encore.
Le port terrestre est l'envers du port maritime: de petites chaloupes sont renversées à terre pour permettre de rejoindre les pointus amarrés. Parfois, esseulé, un bateau en réfection se tient en hauteur, mi-propre, bien repeint à certains endroits; mi-sale, la peinture rongée par le sel.
Les couleurs et les sons se répondent: le port est aussi plein des cliquetis des mâts, du bruit de l'eau, des cris des enfants et des mouettes.
Le port Saint-Louis s'admire de sa voiture, lorsque l'on passe sur le littoral; à pied, avec les enfants à vélo; lorsque l'on court au bord de mer; ou encore de la terrasse d'Henriette, à l'heure de l'apéritif.
Les ombres et les couleurs varient selon les saisons: orangé dans les matinées printanières; grisâtre en automne; éclatant d'un blanc insupportable l'été.
On y va très souvent et il est le passage obligé de nos promenades: ensoleillé l'hiver, il fait bon s'y poser sur un banc et discuter avec les grands-pères pendant que les enfants courent avec le chien; l'été, à la tombée de la nuit et de la fraîcheur, nous rejoignons les boulistes; les dimanches matin, le pêcheur nous vend le poisson ou les oursins tout frais; parfois, l'on s'aventure un peu plus loin, on fait le tour de la Mître pour se faire mouiller les pieds par les vagues, histoire d'attraper un bon fou rire et de savourer davantage l'effet du chocolat chaud en rentrant.
On le retrouve aussi dans des tableaux, au musée, allégé de son bitume, à l'état encore naturel, serti d'arbres en fleurs, de sable ou de terre et sa couleur, sa lumière, son ambiance sont plus chaleureuses encore.
Le port terrestre est l'envers du port maritime: de petites chaloupes sont renversées à terre pour permettre de rejoindre les pointus amarrés. Parfois, esseulé, un bateau en réfection se tient en hauteur, mi-propre, bien repeint à certains endroits; mi-sale, la peinture rongée par le sel.
Les couleurs et les sons se répondent: le port est aussi plein des cliquetis des mâts, du bruit de l'eau, des cris des enfants et des mouettes.
lundi 9 janvier 2012
Le début du commencement
Et bien voilà, cela fait deux années que ma vie a changé et je commence seulement aujourd'hui à émerger de mes anciennes habitudes. Qu'il est long et difficile de changer de vie!
Tout d'abord, il y eut l'accident de Marie-Hélène qui me fit réagir: un choc de la voir, elle si élégante et pleine de vie, dans l'état où désormais elle resterait...un véritable choc émotionnel, de ceux dont vous sentez que vous n'en sortirez pas indemnes...de ceux qui font réfléchir à l'existence que nous menons (avons-nous fait les bons choix?), nous qui avons tendance à nous laisser porter par l'existence, à subir notre train-train, endormis par la monotonie. Oui, j'ai pensé, vite; ce fut même un éclair, pas une réflexion pesée, tempérée. C'est une pensée qui s'est imposée à moi: ma vie ne me satisfaisait pas et j'allais bientôt mourir sans avoir vécu ce que je souhaitais au plus profond de moi. Quel gaspillage! Ce n'était désormais plus possible de vivre ainsi...
Ensuite, il y eut la mort de mon père (que ceux qui se disent que ce blog est déprimant passent leur chemin!) qui a approfondi ces pensées. Je ne pouvais pas consacrer ma vie à un homme comme lui...Je sais c'est affreux de dire ça et Dieu sait combien j'aime mon père, mais je le pense...Il était du genre à ordonner à ma mère de lui apporter une bière parce qu'il rentrait d'une dure journée de labeur (et ma mère aussi!). Moi, le père de mes enfants, pour le décrire en quelques mots, était du genre à mettre les pieds sous la table en disant que le plat n'était pas aussi bon que celui que préparait sa Mère...Donc, pire que mon père me direz-vous...Oui, un véritable gamin, capricieux et méchant, comme savent l'être tous les sales gosses.
Nous avons eu deux adorables enfants ensemble.
La mort de mon père, donc. La séparation définitive. Un choc qui dure des années. J'en ressens encore le poids aujourd'hui (cela fera trois ans cet été). Pas un seul jour ne passe sans que je pense à lui, à ce qu'il est devenu. Je me demande (culture chrétienne oblige!) s'il nous voit, mes enfants et moi, ma mère. Non, je ne pense pas. Pour moi, la mort, c'est le trou noir, le vide. J'ai du mal à croire à une vie après elle.
Un psychanalyste m'a dit qu'il était fort logique que j'ai quitté mon mari après la mort de mon père. D'après lui, j'avais choisi un mari provocateur (il ne travaillait et ne travaille toujours pas, cela le dispense de nous verser une pension alimentaire...), en réaction à mon père (qui était un honnête travailleur, qui a payé toutes les traites de notre maison et est subvenu aux besoins de notre famille). C'est fort possible, mais la psychanalyse et moi, nous ne sommes pas très copines...
Depuis ces événements, nous avons déménagé, vivons au bord de la mer dans un quartier très sympa, où tout se fait à pied, sans se presser. Je suis enseignante (français) dans un collège où je me plais et où je m'investis. J'y ai créé un atelier d'écriture,et j'adore faire écrire mes élèves; c'est très enrichissant de voir leur personnalité s'épanouir par ce moyen!
J'ai rencontré un homme il y a peu et je ne sais où notre relation nous mènera mais c'est une belle histoire et j'aimerais qu'elle continue.
Mes enfants ont l'air heureux.
Ma nouvelle vie me satisfait et si je devais mourir aujourd'hui, je mourrais heureuse.
Il ne me manque qu'une seule chose (à laquelle je travaille en ce moment même!): écrire. C'est un de mes projets. Alors, tenir ce blog est peut-être le début du commencement...
Tout d'abord, il y eut l'accident de Marie-Hélène qui me fit réagir: un choc de la voir, elle si élégante et pleine de vie, dans l'état où désormais elle resterait...un véritable choc émotionnel, de ceux dont vous sentez que vous n'en sortirez pas indemnes...de ceux qui font réfléchir à l'existence que nous menons (avons-nous fait les bons choix?), nous qui avons tendance à nous laisser porter par l'existence, à subir notre train-train, endormis par la monotonie. Oui, j'ai pensé, vite; ce fut même un éclair, pas une réflexion pesée, tempérée. C'est une pensée qui s'est imposée à moi: ma vie ne me satisfaisait pas et j'allais bientôt mourir sans avoir vécu ce que je souhaitais au plus profond de moi. Quel gaspillage! Ce n'était désormais plus possible de vivre ainsi...
Ensuite, il y eut la mort de mon père (que ceux qui se disent que ce blog est déprimant passent leur chemin!) qui a approfondi ces pensées. Je ne pouvais pas consacrer ma vie à un homme comme lui...Je sais c'est affreux de dire ça et Dieu sait combien j'aime mon père, mais je le pense...Il était du genre à ordonner à ma mère de lui apporter une bière parce qu'il rentrait d'une dure journée de labeur (et ma mère aussi!). Moi, le père de mes enfants, pour le décrire en quelques mots, était du genre à mettre les pieds sous la table en disant que le plat n'était pas aussi bon que celui que préparait sa Mère...Donc, pire que mon père me direz-vous...Oui, un véritable gamin, capricieux et méchant, comme savent l'être tous les sales gosses.
Nous avons eu deux adorables enfants ensemble.
La mort de mon père, donc. La séparation définitive. Un choc qui dure des années. J'en ressens encore le poids aujourd'hui (cela fera trois ans cet été). Pas un seul jour ne passe sans que je pense à lui, à ce qu'il est devenu. Je me demande (culture chrétienne oblige!) s'il nous voit, mes enfants et moi, ma mère. Non, je ne pense pas. Pour moi, la mort, c'est le trou noir, le vide. J'ai du mal à croire à une vie après elle.
Un psychanalyste m'a dit qu'il était fort logique que j'ai quitté mon mari après la mort de mon père. D'après lui, j'avais choisi un mari provocateur (il ne travaillait et ne travaille toujours pas, cela le dispense de nous verser une pension alimentaire...), en réaction à mon père (qui était un honnête travailleur, qui a payé toutes les traites de notre maison et est subvenu aux besoins de notre famille). C'est fort possible, mais la psychanalyse et moi, nous ne sommes pas très copines...
Depuis ces événements, nous avons déménagé, vivons au bord de la mer dans un quartier très sympa, où tout se fait à pied, sans se presser. Je suis enseignante (français) dans un collège où je me plais et où je m'investis. J'y ai créé un atelier d'écriture,et j'adore faire écrire mes élèves; c'est très enrichissant de voir leur personnalité s'épanouir par ce moyen!
J'ai rencontré un homme il y a peu et je ne sais où notre relation nous mènera mais c'est une belle histoire et j'aimerais qu'elle continue.
Mes enfants ont l'air heureux.
Ma nouvelle vie me satisfait et si je devais mourir aujourd'hui, je mourrais heureuse.
Il ne me manque qu'une seule chose (à laquelle je travaille en ce moment même!): écrire. C'est un de mes projets. Alors, tenir ce blog est peut-être le début du commencement...
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