mardi 17 janvier 2012

Le port Saint-Louis

On reconnaît le port Saint-Louis de bien loin; quand, du boulevard Cunéo, assombri par ses platanes feuillus et ses maisons bourgeoises, on débouche sur le port, le bleu du ciel, la luminosité éblouissante nous disent: "Arrêtez-vous un moment contempler la mer".
Le port Saint-Louis s'admire de sa voiture, lorsque l'on passe sur le littoral; à pied, avec les enfants à vélo; lorsque l'on court au bord de mer; ou encore de la terrasse d'Henriette, à l'heure de l'apéritif.
Les ombres et les couleurs varient selon les saisons: orangé dans les matinées printanières; grisâtre en automne; éclatant d'un blanc insupportable l'été.
On y va très souvent et il est le passage obligé de nos promenades: ensoleillé l'hiver, il fait bon s'y poser sur un banc et discuter avec les grands-pères pendant que les enfants courent avec le chien; l'été, à la tombée de la nuit et de la fraîcheur, nous rejoignons les boulistes; les dimanches matin, le pêcheur nous vend le poisson ou les oursins tout frais; parfois, l'on s'aventure un peu plus loin, on fait le tour de la Mître pour se faire mouiller les pieds par les vagues, histoire d'attraper un bon fou rire et de savourer davantage l'effet du chocolat chaud en rentrant.
On le retrouve aussi dans des tableaux, au musée, allégé de son bitume, à l'état encore naturel, serti d'arbres en fleurs, de sable ou de terre et sa couleur, sa lumière, son ambiance sont plus chaleureuses encore.
Le port terrestre est l'envers du port maritime: de petites chaloupes sont renversées à terre pour permettre de rejoindre les pointus amarrés. Parfois, esseulé, un bateau en réfection se tient en hauteur, mi-propre, bien repeint à certains endroits; mi-sale, la peinture rongée par le sel.
Les couleurs et les sons se répondent: le port est aussi plein des cliquetis des mâts, du bruit de l'eau, des cris des enfants et des mouettes.

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