Et bien voilà, cela fait deux années que ma vie a changé et je commence seulement aujourd'hui à émerger de mes anciennes habitudes. Qu'il est long et difficile de changer de vie!
Tout d'abord, il y eut l'accident de Marie-Hélène qui me fit réagir: un choc de la voir, elle si élégante et pleine de vie, dans l'état où désormais elle resterait...un véritable choc émotionnel, de ceux dont vous sentez que vous n'en sortirez pas indemnes...de ceux qui font réfléchir à l'existence que nous menons (avons-nous fait les bons choix?), nous qui avons tendance à nous laisser porter par l'existence, à subir notre train-train, endormis par la monotonie. Oui, j'ai pensé, vite; ce fut même un éclair, pas une réflexion pesée, tempérée. C'est une pensée qui s'est imposée à moi: ma vie ne me satisfaisait pas et j'allais bientôt mourir sans avoir vécu ce que je souhaitais au plus profond de moi. Quel gaspillage! Ce n'était désormais plus possible de vivre ainsi...
Ensuite, il y eut la mort de mon père (que ceux qui se disent que ce blog est déprimant passent leur chemin!) qui a approfondi ces pensées. Je ne pouvais pas consacrer ma vie à un homme comme lui...Je sais c'est affreux de dire ça et Dieu sait combien j'aime mon père, mais je le pense...Il était du genre à ordonner à ma mère de lui apporter une bière parce qu'il rentrait d'une dure journée de labeur (et ma mère aussi!). Moi, le père de mes enfants, pour le décrire en quelques mots, était du genre à mettre les pieds sous la table en disant que le plat n'était pas aussi bon que celui que préparait sa Mère...Donc, pire que mon père me direz-vous...Oui, un véritable gamin, capricieux et méchant, comme savent l'être tous les sales gosses.
Nous avons eu deux adorables enfants ensemble.
La mort de mon père, donc. La séparation définitive. Un choc qui dure des années. J'en ressens encore le poids aujourd'hui (cela fera trois ans cet été). Pas un seul jour ne passe sans que je pense à lui, à ce qu'il est devenu. Je me demande (culture chrétienne oblige!) s'il nous voit, mes enfants et moi, ma mère. Non, je ne pense pas. Pour moi, la mort, c'est le trou noir, le vide. J'ai du mal à croire à une vie après elle.
Un psychanalyste m'a dit qu'il était fort logique que j'ai quitté mon mari après la mort de mon père. D'après lui, j'avais choisi un mari provocateur (il ne travaillait et ne travaille toujours pas, cela le dispense de nous verser une pension alimentaire...), en réaction à mon père (qui était un honnête travailleur, qui a payé toutes les traites de notre maison et est subvenu aux besoins de notre famille). C'est fort possible, mais la psychanalyse et moi, nous ne sommes pas très copines...
Depuis ces événements, nous avons déménagé, vivons au bord de la mer dans un quartier très sympa, où tout se fait à pied, sans se presser. Je suis enseignante (français) dans un collège où je me plais et où je m'investis. J'y ai créé un atelier d'écriture,et j'adore faire écrire mes élèves; c'est très enrichissant de voir leur personnalité s'épanouir par ce moyen!
J'ai rencontré un homme il y a peu et je ne sais où notre relation nous mènera mais c'est une belle histoire et j'aimerais qu'elle continue.
Mes enfants ont l'air heureux.
Ma nouvelle vie me satisfait et si je devais mourir aujourd'hui, je mourrais heureuse.
Il ne me manque qu'une seule chose (à laquelle je travaille en ce moment même!): écrire. C'est un de mes projets. Alors, tenir ce blog est peut-être le début du commencement...
Quelle belle et bonne idée... Oui les mots pour le dire, les mots pour comprendre et (re)construire... comme tu as raison !
RépondreSupprimerTrès touchée de ce que je viens de lire, de ton coeur ouvert et de la justesse de ce que tu exprimes. J'ai hâte de lire la suite...
Et je t'embrasse.
Hélène
J'avais déjà fort apprécié ton talent d'écriture, il y a longtemps, ta manière de décrire ou d'imaginer des choses, ta façon de t'interroger sur la vie à travers les mots...et je redécouvre tout cela, avec plaisir. Ce ne fut pas facile, comme je comprends! Plusieurs chocs, mais pour mieux rebondir (même si les chocs, ça fait souffrir, cela va de soi). Et puis les parfums de la Provence, le mimosa, le figuier, j'ajouterai la lavande, celle du jardin de ta maman, non? Je garde encore le bocal de lavande, qui parfume mes tisanes, de temps à autre... Bisous, salutations de B., Mioara.
RépondreSupprimerMerci ma belle!
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